Troisième rupture : Définir clairement le cadre de la solidarité

3.1. La solidarité est une valeur complémentaire de la liberté et de l’égalité. Elle intervient pour soutenir les individus en difficulté.

3.2. Dans la Constitution actuelle, le mot fraternité n’est cité que 3 fois et le mot solidarité 1 seule fois. Dans la Déclaration des droits de l’homme, aucun des deux mots n’est cité. Nous voyons donc que la fraternité, troisième composante de la trilogie nationale « Liberté, Egalité, Fraternité » est encore plus mal représentée que ses deux autres consoeurs dans le texte constitutionnel actuel. Comme pour les deux autres notions, il semble que le législateur ait jugé inutile de définir le concept, dans le but certain que sa seule affirmation allait permettre de valider le contenu social de la Constitution.

3.3. Par ailleurs, le terme fraternité nous semble quelque peu ambigu par son côté émotionnel, voire restrictif par son côté familial. Penser que l’entraide entre les hommes se justifie par le fait qu’ils seraient tous « frères », renvoie l’individu au stade tribal, alors que le propos est de définir un comportement issu de la vie en collectivité civilisée. De ce point de vue, le terme « solidarité », nous a paru plus adapté, par le fait qu’il renvoie au corps social tout entier, et non pas à la seule composante de lien sanguin entre les individus.

3.4. Quoi qu’il en soit, nous considérons qu’il est trompeur de se prétendre fraternel, ou solidaire, si on ne sait pas exactement quelles sont les caractéristiques de cette fraternité ou de cette solidarité. Dans la constitution nouvelle, l’Etat doit organiser une solidarité nationale, mais en la subordonnant toujours à une contrepartie. C’est ainsi que des établissements dénommés « Ateliers Nationaux » ont pour vocation d’accueillir tout citoyen temporairement ou durablement en difficulté afin qu’il puisse générer des revenus suffisants pour assurer sa subsistance. Ces Ateliers Nationaux fournissent un hébergement, une nourriture et un pécule en contrepartie d’un travail adapté.

En conclusion, la Constitution nouvelle affirme que :

  1. La solidarité est une valeur complémentaire de la liberté et de l’égalité.
  2. Elle a pour mission de soutenir les individus en difficulté.
  3. L’Etat doit organiser une solidarité nationale, par l’intermédiaire d’établissements spécialisés, en la subordonnant toujours à une contrepartie.

C’est le troisième point de rupture avec la constitution actuelle